Protection des collections naturelles : risques, traitements et solutions modernes
La protection des collections naturelles repose sur une gestion rigoureuse des risques biologiques, environnementaux et physico-chimiques. Les protocoles présentés ici sont issus de pratiques de conservation et de retours d’expérience en entomologie appliquée.

1. Les risques principaux
Anthrènes et psoques : dégradation majeure des collections
Moisissures : altération des spécimens
Lumière du soleil : décoloration progressive des spécimens

Les anthrènes
Les anthrènes sont parmi les principaux destructeurs de collections. Leurs larves consomment les matières organiques et peuvent causer des dégâts irréversibles.
Signes d’infestation : les mues
La présence de mues est un indicateur clair d’activité d’anthrènes. Elles permettent de détecter une infestation avant les dégâts majeurs.

Autres risques
Les psoques sont liés à l’humidité et présentent des risques similaires aux anthrènes, avec une évolution plus lente sur les coléoptères.
Les moisissures altèrent directement les spécimens, notamment sur les zones organiques ou grasses.

Ce qui se faisait auparavant
Historiquement, la créosote était utilisée dans des fioles de type Sauvignet pour la protection des collections. Cette substance est aujourd’hui reconnue comme toxique et cancérogène.
À titre d’exemple, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) l’a retirée de ses collections.
Elle a ensuite été remplacée par des huiles essentielles de lavandin. Cette solution reste cependant peu concluante et nécessite des recharges régulières.
Différence entre collection et décoration
- Exposition plus forte à la lumière → décoloration rapide
- Exposition plus fréquente aux parasites sans protection adaptée
- Absence de protocole de conservation structuré
Méthode actuelle de sécurisation des collections
Aujourd’hui, une méthode simple et efficace consiste à enfermer chaque boîte de collection dans un grand sachet zip transparent.
- Protection individuelle des boîtes
- Limite la propagation en cas d’infestation
- Barrière physique simple et efficace
Il est également possible d’ajouter une fiole d’acétate d’éthyle afin de sécuriser le contenant lors de la fermeture.
Un petit sachet anti-humidité peut stabiliser l’environnement interne.

Les protocoles de traitement
Anthrènes et psoques
Le traitement repose sur un cycle thermique complet :
- Passage au congélateur 24 à 48h
- Période d’aération d’environ une semaine
- Nouveau passage au congélateur 24 à 48h
Ce cycle permet la destruction des adultes et des individus susceptibles d’éclore. Les spécimens infestés peuvent également être traités par injection d’acétate d’éthyle à la seringue.
Concernant le cas particulier des psoques, ils sont sensibles à l’hygrométrie. Il est recommandé de réduire fortement l’humidité (inférieure à 50%). Un passage en four à 70°C peut être utilisé pour assécher la boîte.
Moisissures
- Passage au congélateur 24 à 48h
- Nettoyage délicat au pinceau et à l 'alcool à 90°
Les moisissures se développent principalement sur les zones grasses. Un dégraissage peut être nécessaire selon l’état.
Surveillance et prévention
- Mues
- Poussière liée à la dégradation
- Larves ou imagos d’anthrènes
- Début de moisissures
Une surveillance régulière permet d’intervenir avant propagation.
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